Mon obsession pour l’aube session d’une aube c’est Sion.

Ceux qui se lèvent de bonne heure et de bonheur savent combien l’air calme du petit matin est léger à respirer car dépourvu des impuretés et des odeurs de la journée et vivifié par la fraîcheur de la nuit.

Quel régal que de pouvoir s’en repaître voluptueusement en l’inspirant goulûment, lentement et profondément en ses poumons.

L’initié, seul sur la plage, debout face au point du jour, attend sereinement l’aurore, bercé par le chuintement lent des vaguelettes, d’une mer ataraxique, qui viennent s’échouer tout en retenue sur le sable fin.

Les pieds nus lavés et purifiés par la mer originelle sont aussi au contact de la Terre nourricière.

En ce jour particulier, les premiers rayons du soleil sont à l’origine d’une énergie magique permettant de se régénérer. Ils dispensent une douce radiothérapie pour débarrasser le corps des impuretés accumulées.

Qui pourrait soupçonner que l’exquise chaleur de chacun de ces rais est issue d’un brasier infernal, situé à 150 millions de kilomètres de là.

L’eau, la terre, l’air et le feu sont, en ce moment féerique, unis dans une conspiration planétaire pour offrir en cadeau un magnifique moment d’éternité qui ne dure que quelques secondes et qui permet de se connecter à tout l’univers.

© François Milhiet le 19 mars 2021