À Montpellier, il y a plusieurs restos bobos bios. Ce genre de resto, où on ne mange pas mieux que dans un bon boui-boui, mais pour quatre fois plus cher, et où chaque famille bobo adepte du fooding se doit d’aller régulièrement.

Même s’il habite la ville et profite de tout ce que la civilisation moderne et technologique propose, le bobo mange bio pour se donner bonne conscience. Parfois certains d’entre eux osent même, comble du snobisme bobo, mangent sans gluten.

On y rencontre des cadres supérieurs, parfois un patron égaré, des journalistes, des intellos, des grands fonctionnaires, des cadres d’IBM, au moins un flic de la DGSI, des chargés de com., des enseignants et des artistes bobos, tous venus manger en famille ou entre amis.

Les restos bobos, c’est un peu comme le club des 50 ou la franc-maçonnerie, mais pour les bobos. On y vient pour être vu, sous peine de perdre rapidement son statut social. On y mange pour raconter ses vacances à Courchevel ou dans les îles, pour parler de la dernière expo d’art contemporain et conceptuel à la mode, s’extasier du dernier livre bobo, pour étaler ses dernières performances professionnelles…

Ce qu’il y a de bien dans les restos bobos, c’est que les tables sont collées les unes aux autres, comme cela vous pouvez écouter les conversations des autres, et surtout être assurés que vos exploits de vacances et de plongée sous-marine seront aussi entendus par les autres. Et soyez sans crainte, si une table se trouve un peu trop loin, ce n’est pas grave, l’acoustique hall de gare permet à tout un chacun, quelle que soit sa place de vous écouter. D’ailleurs, ils ne viennent ici que pour cela.

Ils ont un vocabulaire bien particulier, et utilisent des mots qui n’ont aucun sens pour moi : bomeur , hipster , fooding, mainstream, border… La prochaine fois, il faudra que je vienne avec un dictionnaire.

Les bobos répugnent à fréquenter les bistros et tavernes, car bien qu’ils soient politiquement parlant adeptes de la mixité sociale, ils les trouvent bien trop populaires et vulgaires. Il faut dire, que côté vulgarité, les bobos, sont de fins connaisseurs. C’est vrai qu’il n’y a rien de vulgaire à exhiber ses photos de vacances aux Maldives, le pays de la charia, des viols et de la peine de mort pour les enfants à partir de 7 ans. Photos enregistrées dans le dernier i Phone fabriqué en Chine par des ouvriers et parfois des enfants payés 1,85 $ de l’heure.

Il faut dire que les bobos, même s’ils refusent le luxe, sont adeptes des marques allemandes pour les voitures, de la marque à la pomme pour tout ce qui se rapporte à l’informatique et aux téléphones, du pain de chez Francis, de la pâtisserie de l’avenue Saint-Béthanie, des magasins bios (surtout pas le bio du supermarché), du brunch du dimanche matin à la Panacée, etc.

Ce qu’il y a de bizarre, lorsque je me retrouve par hasard invité dans un resto bobo, c’est qu’instantanément je suis catalogué comme un intrus ! Je le vois bien à leurs regards apeurés. Je ne sais pas comment ils font pour se reconnaître entre eux, il doit y avoir un truc. Je suis pourtant, aujourd’hui, dans la même gamme vestimentaire. Peut-être font-ils comme les chiens et se reniflent les fesses ? À moins que cela soit à cause de ma vieille Clio garée de travers sur le parking du resto bobo, au milieu des gros diesels et monospaces familiaux de marque allemande ?

À la table d’à côté, la mère de famille me lance des regards inquiets et troublés. Elle vit une expérience inédite, le frisson de sa vie : manger à quelques mètres d’un prolétaire. Alors, je décide, histoire de rigoler et de passer le temps, de jouer le jeu.

Donc, je me mets moi aussi à la regarder, à la soutenir du regard et lui faire des petits sourires discrets. J’en profite aussi pour donner le change. Pas question de la décevoir. Je me mets à manger les frites avec les doigts, à boire bruyamment, à mastiquer bouche ouverte, et comble du bon goût, à me mettre la serviette autour du cou. Dans un premier temps, elle semble outrée, mais je devine que ce côté « bad boy » lui donne des frissons. Et vu la gueule constipée (con ce type) de son mari, j’ai l’intuition que la frangine ne doit pas souvent prendre son pied au plumard. Alors j’entreprends de faire des petits clins d’œil à la donzelle.

Ils sont deux couples, et sa copine de table qui a bien remarqué le manège et que nous étions en « Eye Contact » depuis 10 minutes, lui lance un regard apeuré et réprobateur signifiant : tu ne vas tout de même pas oser faire ça ici ! Les deux mecs, eux, sont trop occupés à se raconter leurs exploits respectifs, avec force détails, pour remarquer quoi que ce soit.

Mais si. Elle ose et se lève en direction des toilettes en m’invitant du regard à la suivre. Moi, vous me connaissez, défenseur de la veuve et de l’orphelin, je suis toujours prêt à rendre service. Alors je m’exécute et la rejoins, laissant en plan le copain qui m’avait invité.

Ma dulcinée m’attend devant la porte et m’invite à entrer, ce que je fais rapidement. Il faut avouer une chose, c’est que dans les restos bobos, les toilettes sont spacieuses et très propres, ce qui n’est pas toujours le cas dans les bouis-bouis, cela me change. Mais bon, ce n’est tout de même pas une raison pour me laisser aller. Je dois jouer mon personnage jusqu’au bout !

C’est l’été, et la jeune poule ne porte qu’une robe légère que j’enlève rapidement, ce qui se révèle bien pratique pour notre affaire. Je m’aperçois alors qu’elle ne porte rien dessous la coquine, mais strictement rien. Elle a de superbes seins, ni trop petits, ni trop gros, bien fermes et légèrement en forme de poire. Tout juste comme je les aime. Et elle a une petite et élégante toison genre ticket de métro. Du coup cela me donne de l’inspiration. Je l’assois sur le lavabo, et, après m’être couvert, décide de la prendre par devant. Puis je me mets à chanter le refrain du « Poinçonneur des Lilas » de Serge GAINSBOURG.

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des trous de seconde classe
Des trous de première classe
Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des petits trous, des petits trous
Des petits trous, des petits trous

Pour le coup il certain que là c’est un trou de première classe !

Au bout de quelques minutes et pour varier les plaisirs, je la retourne, la prends par-derrière, tout en passant ma main par devant et entre ses jambes afin de lui titiller le berlingot. Et instantanément je la sens monter en gamme, la souris. Elle est du genre de celles qui préfèrent que l’on s’escrime sur la sonnette plutôt que de rentrer. Elle commence à pousser des petits râlements discrets de chatte en chaleur et son corps part dans des ondulations de plus en plus rapides et violentes pendant que je la laboure tout en lui caressant le clito.

La chance est avec moi, c’est une silencieuse. Parce que dans ces conditions et à quelques mètres de son mari cela ferait quand même désordre si elle se mettait à chanter la Tyrolienne en pleine extase.

Lorsque sa frénésie silencieuse prend fin, elle se retourne et entreprend alors de me jouer de la flûte. Et je dois avouer que sa partition fut un sans-faute, à mon plus grand plaisir, car elles sont plutôt rares à exceller dans le pipo. Elle alla même jusqu’à ranger l’instrument dans son étui une fois l’affaire terminée.

Je la laisse sortir la première et attends deux minutes avant de reprendre ma place à côté du mon copain qui m’interroge du regard. Je lui réponds « Tout compte fait, il est plutôt sympa ce resto bobo, un peu bruyant, mais sympa ! »…

En tout cas, il y en a une qui pourra pendant des années raconter à ses copines l’aventure de sa vie avec un prolétaire dans les toilettes d’un resto bobo bio.