Quand toute cette mascarade sera terminée, je prévois de tous vous serrer fort et longtemps contre moi, de vous faire des bises (rassurez-vous j’irai avant pour un détartrage chez le dentiste) bien sonnantes et non trébuchantes (c’est gratuit), de raconter encore plus de conneries (ça reste possible même si cela vous paraît invraisemblable !), de faire des festins (mon régime risque de battre de l’aile) entre amis et camarades de cœur, de boire des coups dans des soirées interminables (sans pour autant terminer minable) à la Lune (toujours la Lune dans mon delirium), de reprendre nos soirées poétiques et musicales, à la plage, à Scrupules ou à Tapuscrits, chez les uns ou les autres, sans tabous (tas de boue), de faire de nouvelles rencontres, d’embrasser une belle inconnue…

Mais ce que je n’oublierai certainement pas de faire, c’est un grand bras d’honneur aux culs serrés, de perdre la mémoire sur ce qui se sera passé, de militer encore plus pour que le monde change, de tout faire pour virer ces technos-crasses qui ont perdu toute humanité, pour lesquels nous ne sommes que des chiffres dans un tableur et qui se planquent (auraient-ils des raisons d’avoir peur) dans leur tour d’ivoire gardée par une armée de Judge Dredd.

Peut-être qu’après les crimes contre l’humanité faudrait-il faire rentrer dans le droit le crime de manque d’humanité. En tout cas, la justice devra passer.

Nous ne pouvons plus nous contenter de seulement manifester notre réprobation. Et pour quels résultats ?! C’est pourquoi j’invite une fois de plus les poètes à réinvestir le champ politique. Il est urgent de proposer au monde notre alternative poli-poétique.