Travaillant dans une confiserie, je me rendais lundi matin au travail… au passage, vous remarquerez que phonétiquement parlant, l’on se rend à son travail de la même façon que l’on se rend à la police… c’est dire l’entrain que l’on a à se rendre à son travail… Non pas en train, à pied. D’ailleurs, rendre à son travail c’est aussi dégobiller…

Par contre, j’en connais un qui bizarrement travaille uniquement après des « rendez-vous ! », c’est mon avocat.

Je disais donc, lundi matin, en me rendant à mon travail, je croise le temps ! Le temps qui passe dans la rue, ce n’est pas courant ! Non, je ne courrais pas, je marchais. Donc, je fais demi-tour et je tente de rattraper le temps. Et là, pour le coup, je me suis mis à courir, car pour rattraper le temps qui court on est bien obligé de faire pareil.

Plus je courrais après le temps, plus il m’échappait. Le temps est un sacré vicieux, car dès que je ralentissais, il faisait de même, mais en prenant toujours soin d’avoir un temps d’avance sur moi. J’ai bien essayé de ruser en m’arrêtant, pour essayer ensuite de me jeter sur lui alors qu’il était à quelques mètres de moi. Mais rien à faire. À chaque fois, le temps me glissait des doigts.

Du coup, sentant le ridicule de la situation, j’ai décidé de ne pas aller travailler et de prendre mon temps… et là, miracle… en deux temps trois mouvements, je me suis retrouvé avec du temps. J’étais dans un autre espace-temps, obligé de tuer le temps pour tromper l’ennui.

Et c’est là que ça a fait tilt dans mon cerveau, par la ruse, en trompant l’ennui, j’avais fini par tuer le temps.

Je me suis dit : chouette ! Maintenant que le temps est mort, je vais pouvoir faire la pluie et le beau temps ! J’étais bien naïf. Mon téléphone sonnait, c’était mon patron à l’autre bout des ondes. Il criait : François, qu’est-ce que vous foutez, vous avez vu votre emploi du temps ! Je répondis, ben oui, justement, j’étais en train employer mon temps à ne rien faire.

Si vous n’êtes pas au travail dans 5 minutes, je vous vire ! Du coup, c’est moi qui ai viré… au vert.

Donc me revoilà en train de courir, essayant de rattraper le temps perdu. Je ne sais pas pourquoi l’on parle de temps perdu, car ce temps pour moi n’avait pas été perdu en vain, car cela m’avait permis de prendre du bon temps.

Malgré mon retard et à la bonne heure, mon patron m’a dit : c’est la trêve des confiseurs, je vous demande juste de rattraper le temps perdu. J’ai bien essayé de lui expliquer que mon retard était justement dû au fait que j’avais essayé de rattraper le temps perdu. Il a dû me prendre pour un fou.

Du coup, au lieu de terminer à midi, j’ai terminé deux heures plus tard à cause d’un patron cherchant midi à quatorze heures.

Toujours en retard je décide de prendre ma voiture pour le reste de la journée. Et là, que vois-je, une hirondelle en train de déposer une contravention sur mon pare-brise. Minute papillon, madame ire rondelle, lui -dis-je ! Ire, car elle avait l’air d’avoir mauvais caractère et rondelle, car elle avait un physique ingrat. Mais vous le savez, une hirondelle ne fait pas le printemps, de la même façon que la rondelle ne fait pas le saucisson. Et pas plus pour 6 rondelles.

Devant ma mine déconfite, elle me dit, ça va pour cette fois. Joyeux Noël.

Et Noël aux tisanes, Pâques aux rabanes !