Je me pose une question et vous la pose : la poésie devrait-elle obligatoirement rimer avec alexandrins, fleurs bleues, papillons et petits oiseaux ?

Je m’explique et me lance :

rêve de papillon // poser sur ta rose
un petit baiser doux // au parfum de…

Et là, je bloque. C’est la panne sèche. Je ne vais pas répéter « Rose », cela ne se fait pas. Alors je fais une petite recherche dans le dictionnaire internet des mots se terminant par ose et avec 2 syllabes. Et je trouve le mot « ptose ».

rêve de papillon // poser sur ta rose
un petit baiser doux // au parfum de ptose

En même temps lorsque tu sais qu’une ptose est une décente d’organe, ce n’est peut-être pas le meilleur parfum recherché…

alors qu’avec :

rêve de papillon // poser sur ta rose
un petit baiser doux // au parfum de gnose

Là on se retrouve au firmament, c’est déjà mieux : ouf, sauvé ! Et avec deux hémistiches de six syllabes s’il vous plaît !

Mais pour revenir à ma question initiale, on peut exprimer autrement la même idée et toujours en alexandrin :

sentiment lubrique // poser sur ta chatte
ma langue vicieuse // de gros pornocrate

L’idée sous-jacente du mâle en rut qui a écrit les deux versions est exactement la même. Cela raconte la même chose. Est-ce à dire que la poésie fleur bleue serait utilisée par les hypocrites pour parvenir à leurs fins ?

Mais ne pourrait-on pas dire la même chose de la prose ?

Mademoiselle, vous êtes si belle que votre lumière
m’éblouit jusqu’au plus profond de mon âme.

Pourrait aussi s’écrire :

Ouah ! T’as vu la meuf comme t’es bonne, j’te mettrais bien profond.

Alors je vous pose la question : êtes-vous poésie ou prose ?

Quel dilemme !

En fait, peu importe de dire les choses en poésie ou en prose. Il faut les dire avec élégance, avec tact, sans vulgarité, mais aussi pourquoi pas avec humour, ce qui permet d’utiliser la grossièreté sans pour autant être vulgaire.