Je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Seul, mais avec cette étrange sensation de ne pas l’être, avançant de plus en plus difficilement au milieu de la lumière aveuglante et de la chaleur écrasante du désert.

Je n’osais pas me retourner par peur de voir ceux dont je sentais la présence et qui me suivaient. Étaient-ils bienveillants ou malveillants ?

Je ne voyais pas la fin de ce voyage interminable, inter et minable en désertitude et qui durait depuis de trop nombreuses années.

Alors que l’espoir avait totalement disparu, une oasis m’apparut. Petite tache verte au milieu de l’immensité du désert. Je pensais : un mirage, un de plus. Encore une déception qu’il va falloir digérer, et refouler au fond de ma mémoire. Mais non, la végétation était bien présente, avec en son centre telle une chaloupe de sauvetage, un minuscule lac pour étancher la soif.

Je m’approchais. Un cercle de fines bulles remontait du fond de l’eau et un tapir sous-marin psy fit surface devant moi. Il me regarde d’un air malicieux. Les yeux rieurs, il s’adresse à moi pour me dire que mon voyage en solitude était terminé. Ter miné ; boum ! Ter minet, miaou ! Ter mine de crayon !

Et d’un seul coup, une lumière violente apparaît au-dessus de moi. Encore plus forte que le soleil de plomb du midi dans le désert. Un puits de lumière circulaire. Un OVNI, et pas n’importe lequel : l’OVNI Tender !

Le dessous de l’appareil s’ouvre telle une fleur et des êtres de lumière en sortent. Je n’ai pas peur, car mon ange gardien est apparu. Posté un peu plus loin sur un petit promontoire surplombant l’oasis, il me fixe de son regard bienveillant. Il me parle dans une langue inconnue. Et du verbe et de la lumière, le miracle se produit.

Une monstrueuse tempête de sable s’abat alors sur l’oasis et m’emporte dans son tourbillon. Je me laisse faire étant totalement rasséréné.

Et par cet enchantement, je me retrouve loin du tumulte de la ville dans le calme de la campagne, devant la douce chaleur d’une cheminée, à raconter des histoires à mes petits-enfants.

Seul l’amour compte.