Le miroir est un objet qui m’interroge beaucoup. N’est-il pas paradoxal de réfléchir sur le miroir ?

Miroir se dit speculum en latin. Cela a donné le nom de spéculation. À l’origine spéculer c’était observer le ciel et le mouvement des étoiles à l’aide d’un miroir. Le speculum des médecins, n’a lui rien à voir avec, car il est utilisé à l’exploration du 7e ciel.

Wikipédia nous dit : « un miroir est un objet possédant une surface suffisamment polie pour qu’une image s’y forme par réflexion… ». Pourtant, ce que l’on voit dans le miroir n’est pas l’objet ni le lieu de l’objet, de plus l’image reflétée est inversée gauche/droite par rapport à la réalité. Alors je me dis que le miroir n’est pas si honnête – j’allais dire poli – que cela.

La surface du miroir doit être la plus plane possible pour renvoyer l’image la plus juste. D’ailleurs tout le monde sait qu’un miroir convexe vexe et que dans concave il y a cave.

Miroir sans tain : sans fond et donc sans fond de teint. Donc sans fard et artifices, pour pouvoir se voir réellement. Un paradoxe en jeu de mots qui consiste à dire que pour bien se voir, il faut voir au travers. C’est-à-dire être transparent ? Jouer la transparence pour soi et les autres. Peut être pas si humoristique que ça somme toute ?

En physique quantique le miroir bien doué d’une force d’attraction (effet Casimir). En physique classique aussi, c’est l’effet Narcisse. Lorsque je me regarde dans le miroir, je suis attiré par mon image. Avec l’âge, grâce au travail sur soi, cet effet tant à disparaître totalement. Les plus lucides diront que les rides, la bedaine et le début de calvitie y sont certainement pour quelque chose…

Ce matin, peu après mon réveil, tête baissée, en pleine méditation, je me suis remémoré l’image poétique de la lune se reflétant dans le miroir de l’eau. Vous avez tous, je pense, cette belle image en mémoire. La lune n’est pas forcément celle que vous croyez. J’ai ensuite tiré la chasse d’eau.

Il arrive parfois que des miroirs refusent de refléter. C’est le cas pour les démons et êtres surnaturels. Mais aussi qu’ils se jouent de nous. C’est un jeu de miroir(s). C’est le miroir à facettes, le miroir aux alouettes.

Alors, au final, devant toutes ces contradictions et casse-têtes vertigineux – ça remue les méninges, comme dans Matrix – je me dis qu’il serait peut-être vain de regarder avec nos yeux ? Alors ne faudrait-il pas utiliser son troisième œil ? Son âme ? Son cœur ?

Ou alors passer de l’autre côté du miroir comme Alice.