Je sais que mes prises de position ont le don d’exaspérer certains et certaines mais je ne partage pas mes propos dans le but de plaire.

Mes textes ne sont jamais écrits sur le coup, mais réfléchis, lus, relus et modifiés jusqu’à refléter ma pensée au plus juste.

Si j’avais un but, ce serait de montrer que l’on peut à la fois : se poser des questions et être critique sur les décisions du gouvernement, prendre au sérieux l’épidémie et reconnaître l’état de délabrement du système hospitalier, douter de l’objectivité des médias et craindre la dérive sécuritaire, s’inquiéter de l’avenir et militer pour un monde meilleur et plus juste.

Ce que je fais en défendant le revenu universel. Mon livre a été écrit il y a 5 ans déjà.

Mais je ne conçois pas cette démarche sans rigueur et honnêteté.

L’honnêteté c’est d’écrire sans ambages ce que je pense du fond de mon cœur et de mon esprit au risque de heurter.

La rigueur c’est, en ce qui me concerne, de rejeter les « on-dit », les « je crois que », « j’ai entendu que » et cela quel que soit le CV et la crédibilité de l’intervenant. C’est la raison pour laquelle je ne supporte pas les complotistes. La rumeur c’est la « rue meurt », le meurtre des ragots de salon de coiffure. J’en ai été victime il a de nombreuses années. Alors je ne supporte plus ceux qui croient tout savoir parce qu’ils ont lu une information sur un obscur site web, entendu de source sûre (le mari de la cousine du voisin de la belle-mère) ou visionné un reportage qui flatte leur ego en allant dans le sens de leurs convictions.

L’honnêteté c’est aussi d’accepter que toutes les opinions puissent s’exprimer et se partager. En ce sens je suis contre la censure pratiquée par les médias et les réseaux sociaux envers ceux qui sont qualifiés de complotistes. Ce n’est en rien contradictoire avec ce que j’ai écrit précédemment. Je suis seulement très attaché à la liberté d’expression et je pense que la censure est contre-productive.

Sincèrement je voudrais de tout mon cœur que ce système change. Et si on nous apportait la preuve d’un complot et de la corruption généralisée des protagonistes, je ferais alors mon mea culpa.

Mais je crois que ceux qui nous gouvernent agissent tout simplement par conviction politique et par conviction envers ce système. Collectivement, nous les avons d’ailleurs élus en toute connaissance de cause. Ne me dites pas, sauf à souffrir de perte de mémoire, qu’ils n’avaient pas annoncé dans leurs programmes électoraux ce qu’ils allaient faire ! Où est le complot ?

Je suis un naïf qui croit à la suprématie des faits face aux fantasmes des complotistes qui prospèrent sur les réseaux sociaux et aux marionnettistes comme Trump qui tirent les ficelles et utilisent la puissance du mensonge à leur profit. Si on ne peut plus s’accorder sur les faits, le débat démocratique n’est plus possible, chacun accusant l’autre de mensonge. Le résultat c’est l’anomie et le chaos qui en résulte.

En empêchant d’identifier clairement les causes du problème, vous participez à sa non-résolution et au maintien du système.

Si vous êtes victimes du syndrome politique de la dépossession, car vous êtes dégoûtés – à juste titre – du système dans lequel nous vivons, je vous en conjure, repolitisez-vous d’urgence.

https://comptoir.org/2015/03/03/le-conspirationnisme-contre-la-lutte-des-classes/

Ou alors, continuez de croire qu’un Dieu omnipotent est à l’origine du monde. D’ailleurs tellement omnipotent qu’il est incapable de se faire justice lui-même lorsqu’il est victime de blasphème.

Continuez de croire que vous n’êtes en rien responsable de l’état du monde dans lequel nous vivons.

Continuez de croire que des instances supérieures et obscures nous manipulent en secret.

Tant que vous remettrez vos destinées dans les mains d’autres personnes que les vôtres vous pourrez rouspéter, vous plaindre, crier à la manipulation, au complot, les accuser de tous vos malheurs… et cela autant que vous voulez. Mais rien ne changera.

Il n’y a pas de complot, mais seulement la servitude volontaire de personnes qui préfèrent rejeter sur leurs maîtres la cause de leurs malheurs plutôt que d’avoir à se remettre en question, tout en se mentant pour ne pas voir le paradoxe de cette situation.

La réalité c’est que pour beaucoup, face à l’abîme de l’univers et à la petitesse de nos existences, il est plus confortable et moins anxiogène de s’en remettre à une autorité supérieure (spirituelle et/ou politique) plutôt que d’avoir à vivre dans le doute.

Je désespère de voir toute cette énergie gaspillée pour rien. Elle serait plus efficace en étant utilisée à la construction d’un monde meilleur, à la réflexion et la mise en place d’un nouveau modèle de société.

Journal d’un anarchiste désabusé