Cette intervention s’inscrit dans ma série de moments culturels sur les expressions. Je vous avais déjà parlé de l’origine de « C’est un petit Pah pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité. », à lire ou à relire sur mon Facebook et mon site web.

Au temps de la dynastie Ming (1368-1644) il existait un peuple installé à la frontière de la Mongolie et qui se faisait appeler les Chys. Et pour être originaux, leur monnaie se nommait le Chi, mais avec un i.

La société des Chys était organisée en castes. Il y avait les Chys chics, adeptes des mondanités, les sous Chys des esclaves chargés des basses besognes, les Chys HouaHoua destinés aux divertissements, mais aussi les anar Chys, des marginaux qui luttaient contre l’ordre établi. Les castes ne se mélangeant jamais. Un Chy Chic ne pouvait pas être pote avec un Chys HouaHoua et encore moins avec un sous Chy. Et comme le dit une de leur expression : on ne chipote pas avec l’amitié.

Dans leur hiérarchie, le plus riche des Chys chics, un surenrichi, était le chef, et se faisait appeler l’archi Chy chic. Il était toujours accompagné du meilleur des scribes, un bibliothécaire archiviste, qui écrivaient archi vite. Les plus doués des Chys scribes étaient d’ailleurs connus pour leurs romans divinatoires. On les appelait les Chys romanciens.

Les Chys chics étaient connus pour être des ripailleurs insatiables. Ils étaient capables de passer des heures à table à faire bombance tout en étant divertis par les Chys HouaHoua. Ils mangeaient sans faire de chichi des chicons, des sushis, des chiches-kebabs, des chipolatas, des litchis préparés par les sous-fifres de sous Chys et payés avec leurs sous Chis. Les étrangers quant à eux pouvaient payer en schilling.

Inutile de vous dire que lors de ces repas il y avait beaucoup de gâchis, sans pour autant qu’il y ait plus d’hommes que de femmes. Allez comprendre !

Les élégantes Chys chics défraichis aimaient chiner et dépenser leur sous Chis en s’achetant des dessous chics fabriqués par les sous Chys.

Il arrivait que des esclaves sous Chys se fassent affranchir. Mais là aussi il y avait deux castes d’affranchis. Les plus intelligents pouvaient devenir des Chys chics alors que les irréfléchis restaient des sous-affranchis et cela même s’ils avaient mis le bon timbre.

Un jour, l’archi Chy chic reçut un mamamouchi venu faire du commerce. Le mamamouchi contrairement à ce que son nom peut laisser penser, n’est pas une maman souffrant de diarrhée, mais un dignitaire d’origine turc.

Pour l’apéritif ils ouvrirent une bouteille rafraîchissante de pschitt, mangèrent des chips et trinquèrent à la santé de la chine en faisant tchin-tchin. Ils burent aussi de la gnole de riz, appelée la ChyGnole. ChyGnole à boire avec modération pour éviter d’avoir des trous dans l’estomac.

En fin de soirée, avachis par l’alcool et la fatigue, on ne comprenait plus rien aux propos de l’archi Chy chic. C’est normal, puisque seuls des Chys frais peuvent se faire comprendre, c’est-à-dire déchiffrer.

Les Chys devaient leur fortune à la culture du riz, qu’ils exportaient dans toutes les provinces de la chine et même jusqu’en Turquie, comme on vient de le voir.

Le mamamouchi comptait bien s’enrichir lui aussi en revendant 10 fois plus cher le riz acheté à l’archi Chy chic et payé rubis sur l’ongle. Car au pays des Chys, il existe une règle d’or, tout se paye toujours comptant sans jamais chicaner, le crédit est interdit.

Ils utilisaient d’ailleurs l’expression « Qui paye ses dettes de riz Chy s’enrichit ».

Devenue plus tard chez nous, et par contraction : « Qui paye ses dettes s’enrichit ».

Voilà, j’espère avoir contribué, modestement à l’amélioration de vos connaissances, et je vous remerchie pour votre attention.

Le 28 août 2020 (c) François Milhiet, tous droits réservés