Si à titre personnel je ne peux que me réjouir de voir l’écologie gagner du terrain, je reste cependant assez pessimiste, car sans une remise en cause profonde de notre modèle de société, rien de sérieux ne pourra se faire tant l’urgence est grande.

Les dogmes de : la croissance éternelle, du plein emploi, de la compétitivité, de la dette à rembourser, de la consommation de masse… doivent tomber.

À ceux qui me rétorqueront que le système en place est tout à fait capable de se réformer, je fais la remarque suivante : c’est ce que l’on nous promet depuis 40 ans. Les résultats humains et écologiques sont non seulement catastrophiques, mais en plus s’aggravent avec le temps.

Aujourd’hui, le politique et l’économique sont devenus tellement interdépendants, qu’une grande partie de la population ne vote plus. L’adhésion à la société, c’est-à-dire son socle, est en train de disparaître.

C’est la raison pour laquelle nous voyons apparaître des tensions entre ceux qui y croient encore (et en profitent…) et les autres. C’est ici que se situe mon pessimisme, car les partisans de « l’ordre établi » ont avec eux la loi et sa force. Nous l’avons vu avec les gilets jaunes. La crise économique à venir va aggraver les tensions. Jusqu’où seront-ils prêts à aller dans la répression pour défendre leur morceau de viande ?

Pour faire suite aux élections municipales avec une abstention record, moi Président, j’aurais eu à minima la décence de tirer la conséquence de ce grave revers pour la démocratie en convoquant de nouvelles élections législatives.

En ne le faisant pas, M. Macron avoue être un adepte zélé de ce néolibéralisme qui a réussi à assujettir l’homme et la planète.

(c) François Milhiet le dimanche 5 juillet 2020.
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